Réfection de sièges, étape par étape
ou les techniques du tapissier...

1) Dégarnir le fauteuil

C’est enlever l’ancienne garniture en s’appliquant pour retirer toutes les semences, sans abimer le bois. Si le bois est trop endommagé, un passage chez l’ébéniste sera nécessaire avant de commencer la réfection du fauteuil.

2) Le sanglage

C’est sur cette étape que tout repose avec des sangles de jute tressées et très tendues, fixées avec des semences (clous du tapissier).

3) Le guindage

Cousus aux sangles, les ressorts assureront un confort supplémentaire au siège. Ils sont maintenus avec des cordes en chanvre, fixées à la ceinture du siège au moyen de semences. Ces « cordes à guinder » constituent également une première assise pour les matériaux de garnissage.

4) La toile forte

Posée directement sur le guindage, elle est rendue solidaire de celui-ci par l’exécution de 4 points de couture par ressort.

5) La garniture

C’est le cœur du siège, fruit de nombreuses opérations. C’est elle qui définit la forme du siège. Elle tient compte de l’esprit et du style du siège. Un travail soigné et respectueux des règles de l’art garantira la tenue du siège dans le temps.

- La mise en crin : (crin végétal ou élancrin) : le crin est disposé poignée par poignée sur toute la surface du siège. Chaque poignée est glissée dans un lacet (ficelle à piquer cousue sur la toile forte) puis cardée (« ouvrir le crin »), pour la rendre solidaire de ses voisines. La masse de crin ainsi obtenue doit être parfaitement homogène. Le crin végétal est fabriqué à base de feuille de palmier. L’élancrin est constitué de fibre de coco. Le choix pour l’un des deux matériaux se fait  en fonction du type de garniture à effectuer.

- L’emballage et le point de fond : le crin est ensuite emballé dans une toile de jute (toile d’embourrure), provisoirement fixée sur les traverses du siège. Un point de couture (point de fond) est alors exécuté qui servira à abaisser la garniture, à maintenir le crin en place ainsi que la toile de jute.

- Le rabattage : cette opération consiste à fixer définitivement la toile d’embourrure sur la ceinture, tout en respectant la forme du siège et la hauteur de la garniture à mettre en œuvre. C’est une véritable opération de modelage.

- Le piquage : la forme définitive de la garniture est réalisée par le rabattage.

Une succession de points de piquage vont finaliser cette forme. La garniture se termine par un point de bourrelet. Il dessine avec précision la forme désirée. Prisonnière de cette trame constituée par ces coutures successives, la garniture va acquérir la densité nécessaire qui lui permettra de garder sa forme durant de longues années.

6) La piqûre

Il s’agit là d’une couche de crin animal destinée à combler l’épaisseur formée par le bourrelet. Par sa souplesse, il contribue au moelleux et au confort du siège. Il est mis en place selon le même protocole que pour le crin végétal.

7) La mise en blanc

Une couche de ouate de coton ainsi qu’une toile blanche (toile de coton) termineront la garniture avant la pose du tissu.

8) Le Tissu

Il est temps maintenant de poser le tissu. Centrer les motifs, aligner les rayures, autant de détails à prendre en compte !

9) La finition

Si le clou est souvent utilisé pour la finition, d’autres choix sont possibles. (Galon plat, double passepoil, lézarde…). Galon et clous peuvent également faire bon ménage. On trouve aujourd’hui des clous de couleurs, de taille et de forme, très variées qui peuvent apporter une touche d’originalité.

Fauteuil Louis XVI, étape de rabattage

Fauteuil Louis XVI, mise en crin

Fauteuil Louis XVI terminé !